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 the rain is full of ghosts (anja)

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Date d'inscription : 27/01/2017


MessageSujet: the rain is full of ghosts (anja)   Sam 4 Fév - 21:14



the rain is full of ghosts,

Dehors, le ciel se défait de sa mélancolie. Ses larmes s'esquintent contre les parois vitrées du salon alors que je me perds, inconditionnellement, entre les esquisses créées par la mine de mon crayon. J'ai l'esprit en suspens, altéré par une quiétude qui ne semble pas m'appartenir. Entre deux cris inaudibles, j'inspire la vie et l'expire avec autant de désinvolture que s'il s'agissait d'une cigarette. Ce silence m'apaise et m'éloigne de l'humanité simultanément. Pas après pas, je m'efface. Mes émotions deviennent floues, embuées par la chaleur asphyxiante de mes craintes. La froideur de Stockholm agit comme un baume sur les plaies, encore à vif, du cœur qui grogne dans ma cage thoracique. C'est un instant volé. Hasardeux et imbibé d'une sérénité qui me paraît irréelle. La nécessité de lutter s'est évaporée. Dans un coin de la pièce, je m'aventure dans les recoins du néant et de sa volupté. Les aléas se sont fanés, aussi rapidement que les clients qui vont et viennent. Je ne compte jamais les heures lorsque je tatoue. Le bourdonnement de la machine me berce et m'emmène dans un monde isolé du reste. L'art et ses détails sont les seules choses qui persistent dans l'atmosphère feutrée que devient mon esprit.

Parfois la voix du client m'accompagne, contant avec émotion l'histoire du tatouage qu'il désire porté sur sa peau pour le restant de sa vie. Et durant ses conversations hors du temps, j'apprends la vie. Elle se montre sous différentes formes. La mort a souvent été au rendez-vous avec un portrait d'un être cher décédé, accidentellement ou non. J'écoute les deuils, les joies et les amours. L'admiration, les complications et l'attachement. Tout ce qui fait de l'humanité ce qu'elle est, a passé le seuil de ce salon. Chaque histoire est teintée de la personne qui la raconte. Et mon corps se transforme alors en précipice dans lequel les autres se défont de ce qui les tourmentent, pour quelques minutes ou quelques heures. Juste le temps de pouvoir reprendre une bouffée d'air avant d'affronter l'extérieur à nouveau. Écouter est sans doute l'une des choses que j'aime le plus. Comprendre les mots que l'on me lance et les exorciser. Il ne s'agit pas d'un miracle, juste d'un instant pour se délivrer des maux. C'est plutôt ironique sachant qu'en me quittant, je leur aurais laissé une cicatrice.

Souvent, mes silences parlent plus que ma voix. Leurs significations écrasent et étouffent. J'aurais voulu être plus légère, que mes pensées soient plumes à la place d'être plomb. Mais la mélancolie a un charme auquel j'ai bien du mal à résister. Le confort du goudron qui salit l'intérieur de ma boîte crânienne m'a fait sienne depuis trop d'années pour que je parvienne à m'en défaire. L'illusion de pouvoir m'en sortir m'effleure dans les jours de lumière mais la réalité a un parfum trop amer pour que cette sensation reste constante. Se faire rattraper par les échecs et les combattre est plus compliqué que la léthargie. Il suffit pourtant d'ignorer la douleur, de faire avec. De marcher, quitte à ce que la route soit faite de verre brisé. Le courage naît de la souffrance. L'obscurité n'est que l'opposé de la lumière, après tout. Un simple mot, une idée qui tourne, tourne et tourne jusqu'à en avoir le vertige. J'ai toujours accordé trop d'importance aux émotions alors qu'elles ne sont que passagères et que leur abstraction en fait d'elles des mensonges.

La réalité est un concept distordu, métamorphosé par les pensées qui traversent l'esprit. J'ai appris à mes dépends, les épines de ces dernières, essayant de les aimer quitte à en devenir dépendante. C'est la cadence de mes poumons, cette addiction envers l'anxiété. Mais le calme qui règne dans la pièce à étouffer toutes les larmes refoulées, laissant place à une pureté que j'avais oublié. C'est à peine si j'ai entendu la porte s'ouvrir. La brise glacée était venue se faufiler à travers mon pull fin et les frissons provoqués m'ont poussé à poser mon regard sur la jeune femme qui venait d'entrer. J'ai délaissé mon dessin pour rejoindre le comptoir de l'accueil. Le brun de sa chevelure était en harmonie avec l'intensité de son regard, sa peau contrastait délicatement avec l'ensemble. « Bonjour, je peux vous aider ? » dis-je discrètement.
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