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 Tel père, telle fille

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MessageSujet: Tel père, telle fille   Lun 31 Oct - 13:27

Il est là. Mais est-ce bien celui que je cherche ? Des années de recherches pour être aussi proche du but. Et quoi si je me trompe de personne… non, je dois m’en assurer à cent pour cent. Je le prends en photo avec mon appareil et me contente de le suivre de loin. Il a une sacré dégaine quand même. On dirait un gothique hardcore avec son maquillage et ses fringues. D’une certaine façon c’est plutôt classe. Je le suis jusqu’à ce qu’il rentre dans une bâtisse. Je lis l’enseigne… un bar. Je reste dehors de longues minutes avant d’y entrer à mon tour. Je le cherche du regard et le repaire facilement. Derrière le comptoir à essuyer ses verres. Alors il est barman. Dire que cet homme étrange est potentiellement mon père. Je le recherche depuis quatre ans, allant et venant sur des pistes plus folles et logiques les unes que les autres, pour finir ici dans cette ville. Le dernier endroit où on a aperçut un Flynn Griffith. Je sors du bar et rentre chez moi, la filature pour aujourd’hui est terminée.

Le lendemain et le jour qui suit également, je stalke l’homme qui est peut-être mon paternel.  Je m’installe dans le bar, mais cette fois en face d’un homme, qui commence déjà à être bourré. Pourquoi lui ? Parce qu’il était la les autres jours. J’en déduit que c’est un habitué. Je parle à voix assez basse.


- salut. J’ai qu’une petite question et j’te laisse à tes verres.
- pose donc… heeyy... t’es mignonne comme tout toooii…
- mouais ; j’ignore le saoul et continue ; ce type qui sert là-bas, c’est pas Flynn Griffith ?


Les yeux presque louchant, il prend plusieurs secondes pour me répondre. J’avais envie de le prendre par le col et le secouer d’une baffe sur la joue pour le réveiller mais je me ferais remarquer alors je patiente… bien malgré moi.

- ouais, y s’habille bizarre tout le temps mais y sert d’bonnes boissons !

Il rit comme un abrutit, tandis que je me lève et quitte la table, pour quitter finalement le bar. Je suis de plus en plus sûre que c’est lui, mais encore faut-il allé lui parler en face à face maintenant. Je rentre chez moi et farfouille dans mes fiches et mes dossiers. J’ai appris beaucoup de chose sur mon père : il trempe dans des affaires hors-la-loi, bosse dans un bar et n’a peur de presque rien. Il peut tuer et affronter la mort sans esquisser le moindre regret, la moindre peine, ni un sourire. C’est le genre de type à qui faut pas chercher les emmerdes, mais qui avec de bons amis est sympa. Des rumeurs qui semblent s’avérer vraies pour la plupart. Je suis proche du but, si proche de la fameuse rencontre. J’ai préparé des tonnes de façon de me présenter… J’attends ce moment depuis qu’il nous à quitter ma mère et moi. Encore une fois je me le demande. Va-t-il fuir, dénier mon existence ou au contraire m’accueillir à bras ouvert ? Peut-être ne se souvient-il même pas de moi ! Non… on ne peut pas oublier un enfant qu’on a gardé pendant quelques années… J’espère. Durant mes recherches j’ai aussi appris l’existence d’une… sœur. Une demi-sœur. Une fille de mon père avec une autre femme. Je ne sais si c’est vrai, mais je m’aventurerai sur cette voix plus tard.

Une semaine que je le suis dès que je peux, que je tente de m’assurer en questionnant des personnes que ce type est bien Flynn Kolgrim Griffith. Cette fois je dois faire le pas. Déterminée, je m’habille d’une robe rouge sombre, me maquille un peu et me regarde dans le miroir. J’ai le souci du détail alors cette rencontre doit être mémorable. En bien ou en mal, c’est aujourd’hui que ça se décidera. Je descends les escaliers de l’appartement et me dirige sans sourcilier vers le Bar où en ce moment mon potentiel père travail.
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MessageSujet: Re: Tel père, telle fille   Sam 24 Déc - 18:15

Encore la même routine barbante de la soirée ; prendre, verser de l'alcool, servir, nettoyer, ranger, puis prendre au final le même foutu verre pour le filer à quelqu'un d'autre. Manquant de laisser échapper un soupir bruyant, le norvégien tenta d'entrevoir brièvement ce qui se passait dans la rue ; il aurait peut-être mieux fait d'en rester à l'ambiance du bar. Quel temps de chien. C'était une sacrée tempête … Valait mieux pas être en dessous. Oui enfin, il pensait ça, mais si ça se trouve, il avait laissé le clebs dehors, comme d'habitude. Terminant d'essuyer un verre, il hocha doucement la tête de gauche à droite, le regard perdu dans le vide alors qu'il poursuivait cette passionnante discussion psychique avec lui-même. De toute façon, avec qui d'autre est-ce qu'il pouvait échanger ? Un ivrogne habitué qui ne savait même pas ce qu'il baragouinait, ou bien ce piaf noir capricieux ? Ça lui faisait une belle jambe, tout ça. Mais, même si c'était lassant, il ignorait s'il préférait vraisemblablement que quelque chose se passe ou non, parce qu'avec son karma, quand ça bougeait un peu dans sa vie, ça avait de sacrées conséquences. La preuve récemment : pouf, plus de petite-amie. Bon, une de perdue, dix de retrouvées, comme on dit. Quoi que, dans le cas de Flynn, il s'agissait plutôt d'addictions. Alors entre l'alcool, la clope, la drogue et un tas d'autres écarts pas très sains, il risquait bien vite de se rappeler qu'il n'avait plus vingt ans non plus. Que les conneries pour lui, c'était terminé. Ça, c'est ce que tout adulte plus ou moins responsable se dirait, mais lui, il n'avait plus rien à perdre, en dehors de ses compagnons à poils et à plumes. Puis, la vieillesse, c'est dans la tête. Il a encore tout son temps.

Sur le moment, il ne pensait plus qu'à une chose : débaucher au plus vite. Se débarrasser du bruit, des clients. Ne plus se coltiner ce merdier pour le restant de la nuit. Il avait beau y tenir, Flynn devait bien reconnaître que le bar aussi, c'était une source d'ennuis divers et variés : comme un gosse, le mouron en moins. Sinon, il y avait des similitudes comme les responsabilités, et les problèmes que ça pouvait rapporter, parfois. Ou souvent, ça dépend de l'établissement en question, de sa réputation, et des gens qui le fréquentent. Ici, il y avait un peu de tout : du péquenaud en haillons, jusqu'à la demoiselle raffinée en robe de soirée. D'ailleurs, en voilà un spécimen entrant dans le bar, étonnamment propre malgré l'averse ; comment il s'en était rendu compte ? Le croassement rauque de l'oiseau noir à côté de lui, plus gavant encore qu'une sonnette. Après un instant d'observation, elle décida enfin de s'approcher. Son job n'était pas de faire des remarques du type « Ah bah c'est pas trop tôt », ou d'être désagréable d'une quelconque manière, alors le norvégien rengaina sa mauvaise humeur, affichant un léger sourire aimable, ayant repéré instantanément la brune. À peine fut-elle au comptoir, qu'il s'en alla l'accueillir. La démarche assurée, bien qu'avec modération, qu'elle avait eu devait bien vouloir dire qu'elle savait ce qu'elle voulait en venant ici.


« Bonsoir ! Une idée de ce que vous souhaitez boire, ou je vous laisse un peu de temps pour faire votre choix ? »

Sur un ton enjoué, il la dévisagea un instant, sans même se douter qu'il avait devant lui, l'une de ses filles. Sa fille légitime, celle qu'il chérissait tant. La dernière fois qu'il l'avait vu, elle n'était qu'un bambin, et voilà plus d'une dizaine d'années qu'il avait abandonné l'espoir de revoir un jour Candice... Quand bien même, la dernière fois qu'il avait retrouvé l'un de ses rejetons, ça ne s'était pas déroulé dans la joie ; Lana était en colère après lui, et c'était normal. Alors, dans ses songes, Candice serait un peu dans le même état d'esprit : en colère après lui, si bien qu'elle se porterait bien mieux de ne jamais le rencontrer.

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MessageSujet: Re: Tel père, telle fille   Jeu 19 Jan - 19:33


Dis-moi que tu ne fuiras pas ...

 

  « Bonsoir ! Une idée de ce que vous souhaitez boire, ou je vous laisse un peu de temps pour faire votre choix ? »

C’est ainsi qu’il m’aborde, cet étranger si familier, alors que je m’installe au comptoir. Je suis trempée, tant pis. L’important est que je me lance, pas vrai ? J’avale une gorgée de salive alors que mon cœur bat à cent à l’heure.

- apportez moi un… un… Soho-orange. Vous avez ça ?

C’est l’un de mes petits favoris. Un alcool de litchi pas fort et bien sucré, qui te permet d’en boire beaucoup sans être bourré pour autant. J’adore les tucs sucrés en général, c’est pas bon pour les dents et le bidon, mais franchement j’en ai rien à faire de tout ça, surtout que vu que je bouge tout le temps avec mes études de cuistot, ça compense amplement. J’attends qu’il me rapporte mon verre, et le remercie avec un sourire. Flute, mes mains tremblent un peu. Je suis nerveuse, la peur de m’être trompé et l’angoisse de le revoir me font un mauvais mélange de sensation. Je dois tout lâcher maintenant ! Mais à chaque fois que je vais pour l’interpeller, je me bloque toute seule et soupire. Je pique le petit litchi au fond du verre et le mange, puis sirote ma boisson.

Ça doit bien faire plus de dix minutes que je suis là avec mon pauvre verre dont je viens seulement de boire la dernière goutte. Je n’arrive pas à me lancer… ça m’énerve. Je resserre mes doigts sur le verre. Je suis venu jusqu’ici, est passé des années à faire des recherches partout dans l’espoir de le retrouver, et maintenant je vais me défiler ?! Hors de question. Je suis Candice Kjersti Griffith et j’ai le cran de tout affronter dans ce monde, même les trucs les plus pourris ! Alors Candice, tu bouge ton cul, et tu te lance !

- Monsieur ?

J’attends qu’il vienne face à moi. Punaise le coup de chaud ! Je dois avoir les joues aussi rouge qu’une pivoine tellement je suis sous pression. Je prends une grande inspiration et souffle sur quatre temps.

- êtes-vous… êtes-vous bien… monsieur Griffith ? Flynn Kolgrim Griffith ?

Mon cœur manque d’exploser hors de ma poitrine. Selon sa réponse, je vais savoir s’il s’agit de mon père. Mais s’il me ment ? après tout il a trempé dans tellement d’affaires illégal qu’il pourrait croire que je suis de la police ou je ne sais quoi. J’ajoute donc à ma demande, mes raisons de vouloir le rencontrer lui en particulier.

- Je… suis à sa recherche depuis très, très longtemps. J’ai quelque chose de capital à lui annoncer et… et ça pourrait bien changer complètement ma vie… Donc s’il vous plait. Dîtes moi la vérité. C’est capital pour moi… êtes-vous monsieur Flynn Kolgrim Griffith ?

Je le regarde droit dans les yeux, bien que les siens soient vraiment intimidants. J’espère qu’il a bien compris toute l’importance que sa réponse aura sur la suite des événements.
 

 
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MessageSujet: Re: Tel père, telle fille   Sam 28 Jan - 23:39

Combien de fois, au fond de toi Ta vérité m'a détestéLe norvégien ne releva pas l'indécision dans les paroles de la brune à qui il s'adressait ; hésiter entre deux boissons, c'était commun. Puis si la timidité y mettait du sien aussi … Rien qui puisse aider. Quoi qu'il en soit, une fois le choix effectué, Flynn acquiesça, affichant toujours un léger sourire aimable.

« 'De suite mademoiselle ! »

Il s'exécuta sans plus tarder, quittant quelques minutes à peine la cliente, le temps de préparer son cocktail alcoolisé et d'autres à côté, par la même occasion, pour se débarrasser des quelques demandeurs restants. Retenant un soupir et faisant sa besogne habituelle, il distribua les verres ça et là, sans vraiment s'attarder sur le remerciement ou les tremblements apparents de la jeune femme, se contentant de lui jeter un « Voilà pour vous ». Un autre soir, il lui aurait peut-être offert plus d'attention, mais, là, c'était pas le bon moment. En fait, ça ne l'était jamais vraiment, quand Flynn était au taf. Sa sinistrose chronique l'encombrait de pensées toutes plus sombres les unes que les autres ; pas de quoi se plaindre, ça l'occupait. Ça lui permettait de trouver que finalement, le boulot qu'il exerçait était pas encore le pire du pire. C'était pas gratifiant non plus, cela dit. Même si, au fond, vivre du démon des autres lui convenait pas mal, tant qu'il obtenait son pèze après. C'était la facilité aussi, que d'exploiter les filons où il suffisait juste de réveiller l'envie de boire … Boarf, si Flynn avait eu un semblant de culpabilité à ce sujet, ça se serait su.
Minute après minute, l'ennui prenait le pas sur son envie d'être ici. Le moral allait plutôt bien sinon. Il s'était fraîchement sorti de l'enfer de l'entretien que demandait une relation de couple pour retourner à la case départ. Bon certes, sur le coup, ça lui avait filé un peu le cafard. Pourtant, ça lui permettait de reprendre ses habitudes d'antan pas forcément bonnes ; l'alcool, la drogue, le tabac … Deux-trois distractions, de temps à autre. Ce n'était pas vraiment de la dépendance, chez Flynn, juste de la gourmandise. Enfin, il appelait ça comme ça. Peut-être qu'un spécialiste lui aurait dit qu'il était malade, mais bon, mieux valait ne pas s'arrêter à ce genre de petits détails chez lui, au risque de ne pas repérer une seule et unique tare …

Essuyant un énième verre lavé, il tourna la tête vers la cliente de tout à l'heure,qui venait tout juste de l'interpeller. Par réflexe, il jeta un coup d'oeil au verre : elle avait encore de quoi faire, à la vitesse à laquelle elle le sirotait. Elle ne l'appelait pas pour ça, pas pour être servie de nouveau. Mais dans ce cas, pourquoi ? S'interrogeant, il arqua un sourcil, regardant le rouge pointer sur les joues de la brune. Son sourire se changea en un rictus narquois qu'il ne parvint pas à contenir. Il s'attendait à des paroles décalées. Qu'elle n'ait pas tenu à ce pauvre verre ne l'aurait pas étonné : chacun avait un degré de tolérance différent, mais là … Là, être pompette après ça, quand même, fallait le faire. Les balbutiements manquèrent de confirmer ce qu'il songeait, et pourtant … La suite avait moins plu à Flynn. Figé pendant quelques secondes, il rangea ensuite le verre qu'il tenait, croisant les bras, sans répondre pour l'instant, laissant le silence agir à sa place. C'est vrai, il aurait pu être nerveux. Sauf que, son interlocutrice l'était bien plus; elle avait l'air d'encaisser la nervosité de deux personnes. Ça donnait presque l'impression à Flynn d'être en position de force. Qui envoyait cette pimbêche ? Ça resterait un mystère … Cette personne choisissait très mal ses émissaires, en tout cas … Vraiment très mal. Il aurait presque eu envie de ricaner sournoisement devant elle et la faire mijoter un peu plus longtemps dans son jus, mais, il se devait de rester un minimum ''professionnel'', quoi que la demande sortait largement de ce cadre, apparemment.

« … C'est bien moi. Qu'est-ce qu'on me reproche, encore ? Puis, qui êtes-vous, hein ? »

Flynn leva les yeux au ciel. Peut-être qu'il aurait mieux fait de la considérer comme trop imbibée pour l'écouter. Ça lui aurait épargné une suite qu'il pensait déjà fort ennuyeuse. Bien qu'en y réfléchissant, il ne devait rien à personne. Donc, si on venait lui annoncer quelque chose … C'était, ou une menace, ou quelques informations sur certaines choses illicites, qui ne regardaient que lui, et les concernés. Maintenant qu'il y pensait, si ça se trouve, c'était peut-être une amie de son ex-copine venue pour essayer de le faire culpabiliser. Peine perdue. Ça aurait aussi pu être tout autre chose ; une perdue avec qui il aurait potentiellement traîné un soir, mais, elle ne lui disait absolument rien, et il n'avait pas souvenir d'avoir batifolé récemment avec une aussi jeune femme ... Quel foutoir.

… La soirée serait longue. Ou trop courte peut-être, une fois qu'il aurait pris connaissance du pourquoi elle était là, et surtout, de qui elle était.
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MessageSujet: Re: Tel père, telle fille   Lun 30 Jan - 17:34


Dis-moi que tu ne fuira pas ...

 

 
Il me répond que oui. Je me fiche de son visage dure, je me fiche de sa voix agacée, je me fiche de tout ses gens autour de moi. Les larmes me montent aux yeux. Il est là, fasse à moi, enfin ! Après des années et des années à le chercher partout, même parfois à mes risques et périls. Je retrouve celui qui a vu mes premiers pas, qui m’a aimé au moins le temps qu’il était là. Il m’aimera peut-être encore maintenant. Je le prie de toute mes forces.

- enfin… Enfin te voilà…

Un grand sourire vient sur mon visage et je suis prise de larmes. Pourquoi je pleure ? j’en sais trop rien. La trop grande montée d’adrénaline ? La joie ? Le soulagement ? Tout à la fois peut-être ! C’est pas important après tout !

- j-je… je suis… je m’appelle…

Je ne sais pas comment l’annoncé, mon cœur bat à toute allure dans ma poitrine, je prends un mouchoir pour essuyer mes larmes qui ne cessent pas de couler de toute façon… J’abandonne donc l’idée. Je le regarde droit dans les yeux, un peu tremblante.

- cela fait très longtemps que je te recherche. Tu… j’ai du mal à croire que je t’ai enfin retrouvé !

Je ris dans mon petit sanglot de joie. Il faut que j’arrête de tourner autour du pot et que je dise tout d’une traite, sinon on va y rester toute la nuit et il va me prendre pour une tarée. Quoi que de l’avoir chercher depuis mes 16 ans, on peut aussi trouver ça taré. Je prends une grande inspiration.

- Je m’appelle Candice Kjersti Griffith. Et je suis ta fille.

Je viens vraiment de le dire. Je viens VRAIMENT d’annoncer cette phrase. Je me sens bouleversé, dans le bon sens bien sûre, mais … je suis sure que lui, qui n’était surement pas préparé à cela, doit être bien plus choqué que moi. Mais peut-être ne va-t-il pas me croire sur parole, ce qui est normal après tout, c’est pour ça que je lui donne le dossier, mais surtout ! Le pendentif que j’avais étant bébé : un petit corbeau couleur argent sur une chainette de la même couleur, avec un « C » gravé au dos. Je le regarde, remplie d'espoire qu'il me reconnaisse. Je veux le prendre dans mes bras, je veux l'embrasser comme jamais, rattraper tout ce temps perdu.

Mais quoi s'il me rejette? Peut-être qu'ils avaient raisons les autres : il m'a abandonné car il ne nous aimait plus ni maman ni moi... Mais quoi s'ils ont tord. Je ne pourrais que réagir en conséquence. Je ne regretterai pas mes recherches, qu'il m'accepte ou me chasse, j'aurais au moins eu le triomphe de l'avoir retrouvé. Hésitante, j'ouvre les bras.

- p-papa... ?

 

 
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MessageSujet: Re: Tel père, telle fille   Dim 5 Mar - 1:51

Combien de fois, au fond de toi Ta vérité m'a détestéL'expression qui montait sur le visage de Flynn aurait pu ressembler à un semblant de joie, de surprise : les sourcils haussés, un large sourire … Ouais, il était pas loin d'éclater de rire, clairement. Et à chaque seconde, il se crispait de plus en plus. Putain, elle allait le lâcher son nom à la fin ? Qu'il sache ! Il s'en serait presque rongé les ongles, tant elle faisait durer le suspense ! Voilà qu'en plus, elle s'était mise à pleurer. Qu'est-ce qu'il avait fait pour mériter ça ? Il servait les clients, et maintenant il allait devoir les consoler … Le réconfort, c'est pas compris dans le forfait boisson, mam'zelle … Il lui aurait bien balancé, mais pour rester correct, il s'en était abstenu, guettant simplement qu'entre deux sanglots, elle articule enfin quelque chose d'intelligible. Quand bien même c'était compréhensible, enfin audible, ça le laissait dubitatif. Il y avait quoi d'émouvant à le retrouver ? Il a toujours été au bar. Il est coincé là depuis un bout de temps maintenant … Une boit sans soif qui ne sait pas ce qu'elle dit, c'est tout ce qu'elle est. Quoi qu'elle aurait presque eut l'air convaincante, avec ses pleurs d'euphorie, et .. Ces yeux. Ces yeux sombres, mouillés de larmes, et teintés d'espoir, qu'elle a planté dans les siens.

« … Bon alors, ça vient ? J'ai pas toute la soirée, moi. »

Ça n'a rien changé sur l'instant, il se contentait d'observer la gamine fardée perdre le minimum de maquillage qu'elle avait appliqué sur sa peau pour s'embellir ce soir. Non, ça n'a rien changé. Jusqu'à ce qu'il se fige totalement en l'entendant prononcer une fois pour toute le nom qu'il attendait. Le « Et je suis ta fille ! » fut le coup de grâce : il en aurait presque brisé le verre qu'il tenait dans les mains. La blague n'était pas drôle. Du tout. Et sur le coup, le visage du Norvégien était redevenu extrêmement austère, après qu'il ait échappé un rire jaune crispé, fusillant la jeune femme du regard.

« C'est VRAIMENT pas le mom-... »

Il s'apprêtait à l'incendier, parce qu'évidemment, plaisanter sur la famille surtout avec Flynn, c'était compliqué, mais, il s'était ravisé en voyant le bijou qu'elle posa sur le comptoir. Il l'attrapa, après s'être débarrassé de ce qu'il avait dans les mains, observant ce dernier un instant avant de la fixer de nouveau, cherchant à trouver ce qu'elle cachait derrière cette apparence si avenante. Pas possible que sa fille lui fasse un tel accueil … Quand il avait vu comment Lana l'avait envoyé voir ailleurs l'autre fois, il pouvait pas le croire. Tout cela paraissait si invraisemblable … Enfin, après ce long constat, soit que ladite Candice devant lui empestait la sincérité à plein nez, il détailla le pendentif argenté avec stupéfaction, se posant lentement une main sur la bouche en réalisant. Pas de doute, c'était bien à Candice, ça. Non seulement les initiales le prouvaient, mais il s'en rappelait, aussi loin que ça puisse remonter... Pourtant, même avec une preuve sous le nez, Flynn réussissait à rester sceptique. Ou alors c'était juste son taux de malaise ou de gêne qui venait de grimper en flèche instantanément. Fallait dire que se faire pister par sa fille et qu'elle revienne toute guillerette sans chercher à lui faire regretter qu'il ait bousillé sa propre famille à l'époque, ça l'étonnait.

Il ignorait comment il devait se comporter. Est-ce qu'il devrait rester distant et froid .. ? Est-ce qu'il devrait garder son calme, ou au contraire ? Ne rien manifester, et blesser Candice, l'une, si ce n'est LA personne qu'il chérissait le plus au monde depuis qu'elle était née ? Pas possible. Dans la confusion, il se perdit un instant le vide, se passant une main dans les cheveux, qu'il aurait presque eu envie d'arracher. L'hésitation et un semblant d'émotion le déchiraient toujours. Pourtant, il abandonna son comptoir, s'en allant faire face à sa fille. L'amertume sur le visage de Flynn s'en était allée. Une imperceptible moue navrée l'avait remplacée. En fait, il était plutôt pris au dépourvu. Et à vrai dire, il ignorait quoi lui dire pour se faire pardonner de son absence ; quand bien même il aurait su, les mots lui seraient restés dans la gorge, tant cette dernière était serrée. Mais à peine Candice eut-elle ouvert les bras qu'il l'enlaça affectueusement, ne parvenant lui-même toujours pas à croire ce qui venait de se passer ce soir. Elle était revenue, soudainement comme lui était parti autrefois …

« … Je ne pensais pas te revoir un jour. »

Il n'en pleurait pas, mais le ton avait radicalement changé. Il était nettement moins … Provoquant ? Aigre .. ? Sûrement. Disons qu'on sentait bien qu'il s'adressait à sa fille chérie. Fille qui avait bien grandi, depuis la dernière fois qu'il l'avait vue. En même temps, ça faisait combien d'années qu'il ne l'avait plus vue .. ? Beaucoup trop. Il tâcherait de rattraper le temps perdu. Réparer cette erreur du passé. Démolir les rumeurs qui courraient sur lui ; vermine peut-être, mais la famille avant tout, et la sienne, avant qu'il ne finisse en taule, il l'aimait ! Si elle avait encore été, peut-être l'aimerait-il toujours, mais, visiblement, les deux derniers membres étaient là. Avec Lana éventuellement, puisqu'elle était à moitié liée à Candice quelque part … Il faudrait qu'elle sache, pour ça aussi. Sa demi-soeur... Plus tard, pour le moment, c'est le chapitre retrouvailles !

« Je … Euh … Pardon. J'ai .. J'ai pas été là quand il aurait fallu. J'ai jamais été là, ni pour toi, ni pour ta mère, en fait. Je t'expliquerai pourquoi, mais pas ici. C'était … Indépendant de ma volonté, disons. »

Après leur étreinte, il baissa le regard tout en se frottant la nuque d'une main, ressentant quelque chose qu'il n'avait pas éprouvé depuis un moment : de la culpabilité. Merde. Y'avait bien que sa gamine pour pouvoir le faire sentir coupable, comme ça. Les remords d'habitude, ça lui passait bien au-dessus... En croisant de nouveau son regard, il attrapa délicatement l'une des mains de Candice, pour y glisser le pendentif, ce petit corbeau en argent. Cet objet avait son importance à présent, sûrement plus qu'il n'en avait jamais eu ; c'était ce qui lui aurait servi à prouver à son père qu'elle était bien sa fille. Car sans lui, il ne l'aurait certainement pas cru …

« … 'Fin bref. Qu'est-ce que t'as été t'enterrer ici, Candy ? »

Reprit-il, affichant un léger sourire en coin, bien moins carnassier que le précédent.
Bon, c'était un peu maladroit comme changement de sujet, mais faut dire qu'il savait pas vraiment comment s'y prendre à cause de la nouvelle un peu bouleversante, faut admettre, et que ce n'était ni l'endroit ni le moment. Mais il n'avait pas vraiment le choix. Il était en service. Cela dit, si Candice le souhaitait, ils pourraient parler de tout ça plus tard. À la limite dans la nuit, une fois le taf terminé. Parce qu'il fallait l'avouer, il discutait ouais, mais il gardait un œil sur les clients quand même. Quoi que, sa fille restait la priorité majeure. Et à la moindre remarque, il n'hésiterait pas à affirmer la sale réputation qu'on lui avait taillé sur mesure. Puis finalement, pourquoi est-ce qu'il s'infligerait une soirée de boulot quand il pouvait la refiler à quelqu'un d'autre ? Patron ouais, mais éthique, sûrement pas ! … Pas toujours. Il n'allait pas laisser sa fille lui filer entre les doigts pour une activité aussi barbante que la sienne … Quitte à faire un choix, il était vite fait … ! Il fallait reconnaître que chez l'un ou l'autre, ils auraient bien plus la paix qu'ici … Et ils ne seraient pas écoutés, également.

« Si tu veux, on peut en discuter ailleurs qu'ici. Tu habites loin ? … T'as un toit au moins, hein ? 'Fin, sinon, on peut aussi se rendre chez moi. Ou rester ici. C'est comme ça t'arranges. »

Il haussa les épaules, en regardant cette jeune femme brune pimpante qu'était sa fille. Dur de voir son enfant passer du stade de bébé de quelques années à femme épanouie et indépendante … En la voyant comme ça, se dire que c'était sa fille, c'était tout aussi étrange.
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MessageSujet: Re: Tel père, telle fille   Mer 29 Mar - 18:13


c'est ton coeur, papa, que je regarde

 

 
Quand je lui annonce la nouvelle, il réagit d’abord avec colère. C’est donc un sujet sensible pour lui ? Mais dans quel sens ? Du genre « j’ai pas de fille » ou « on blague pas avec les liens de sang » ? Je continue de sortir toute preuve que je possède, petit à petit son attitude change. Le médaillon l’intrigue bien plus que mes documents, il l’inspecte sous tout les angles comme s’il étudiait une relique antique… Il reconnait donc le bijou. Est-ce que j’ai eu raison de venir ? Enfin la réponse. Il est perdu, je le vois dans son regard aux couleurs changées par ses lentilles de contactes. Puis il redresse le nez et sort de derrière son comptoir. Il va me foutre dehors ? J’abaisse un peu les bras et essaie de ne rien montrer. Quelques clients nous regardent, je m’en contre fou. Surtout quand je comprends que s’il vient à moi, c’est pour me serrer dans ses bras. Je verse encore des larmes, qui coulent bien malgré mon désir de paraître forte pour lui.

J’essaie de réaliser ce qu’il se passe. Je sers dans mes bras mon père. Enfin. Il m’accepte. Je savais bien qu’il ne pouvait pas m’avoir abandonné volontairement, dans le seul but de se débarrasser de moi. Maman m’avait dit ça lorsqu’elle a découvert le pot aux roses au sujet de mes recherches sur mon géniteur… Je ne l’ai jamais cru, voulant que me le lui dise de sa propre bouche. Et j’ai bien fait ! Car il est là, heureux de me revoir, et me rends mon affection. Il dit qu’il ne s’imaginait pas me revoir, c’est bien qu’il avait espéré, dans des rêves, pouvoir retrouver sa fille. J’ai du mal à desserrer l’étreinte, c’est si bien ce moment. Mon cœur se soulève d’un poids considérable.

Et voilà qu’il s’excuse du passé, de l’abandon, du fait qu’il n’avait jamais voulu ça. Je finis par réussir à trouver le courage de le libérer de mes bras et il me rends mon médaillon. Je lui souris et essuie mes larmes avec un mouchoir avant de me moucher un bon coup. Bon, maquillage ruiné, mais pour une bonne cause ! Je jette façon panier de basket la boule de mouchoir dans la poubelle, avant de passer sur mes mains un gel anti-bactérien. Réflexe des cours de cuisines en solo. Il me redonne mon petit corbeau qui cette fois à même encore plus de valeur à mes yeux. Il symbolise désormais réellement l’amour que me portais mon père à ma naissance ainsi que nos retrouvailles joyeuses. Je le remets à mon cou, là où a toujours été sa place. Sans toi mon petit, papa n’aurait jamais pu être sure de qui je suis. Merci petit corbeau.

- Flynn… p-papa... Je veux effectivement entendre toute l’histoire de TA bouche… mais pour le moment je veux juste te retrouver.

Je lui souris, un large sourire heureux et plein de vie. Il me demande ensuite ce que je suis venue faire ici. Je cherche dans quel sens mettre les informations. C’est tellement embrouillé dans ma tête ! Et puis je n’ai pas trop envie d’exposer ma vie dans un bar… Ah, il l’a compris apparemment, vu sa proposition : celle de parler ailleurs, dans un lieu plus privé.

- bonne idée…  oui, j’ai un chez moi, papa, rassure toi. C’est à 15 minutes d’ici en bus… maaiis il faut chopper le bus… … non, non non ! J’y tiens papa, tu viens chez moi.

Je ris, et attends qu’il fasse ces trucs et apporte ce qu’il a envie, puis une fois que nous sommes prêts, je le guide à l’arrêt de bus. Je suis heureuse. Parfaitement heureuse. Je me fiche qu’il soit barman ou avocat, qu’il soit distingué ou foufou, avec un costume de clown ou ce côté hard cor gothique qu’il arbore en ce moment. Il a fait de la prison ? Il a eu des soucis de drogue et d’alcool ou de tabac ? Rien à battre !  J’ai enfin mon père, et nous avons ce lien sentimental qui nous relie sans même nous connaitre vraiment. J’ai hâte de savoir ce qu’il adore et déteste, ce qu’il a enduré, ce qu’il compte faire… Bref, rattraper ce moment perdu qui nous séparé.

Une fois arrivé à mon appartement, je tape le code et montons au deuxième étage via les escaliers, puis j’ouvre la porte du petit studio, et lui fait visiter. L’appart comporte trois pièces : la première par laquelle on entre avec une cuisine bien faîte, une petite table et un canapé clic-clac tourné vers la TV, la seconde est à la droite et qui est ma chambre, avec une commode, un lit simple et une petite table de chevet, et enfin la salle de bain, avec une douche, un évier et un toilette. On voit tout de suite que j’ai plus misée l’économie sur la cuisinière et le four, en vu de mes études. Heureusement que j’ai une bourse pour m’aider à payer tout ça! Je l’invite à s’asseoir sur le canapé.

- alors… Je suis des études en gastronomie, je suis en dernière année là. J’ai trouvée une école dans le coin quand j’ai appris que tu travaillais probablement ici.

Je prends dans mon frigo deux bières et lui en donne une avant de m’asseoir à côté de lui. Je me sens nerveuse et heureuse de l’avoir ainsi à côté de moi. Je lui sourie et décapsule ma bière à l’aide de l’engin fait pour et le lui donne. Puis je continue.

- J’ai commencé à sérieusement te chercher à 16 ans et j’en ai 20 maintenant. Depuis le 2 février en fait !

Je précise mon âge et ma date car je sais qu’après toutes ces années, il a pu perdre le compte. Si c’est le cas, je ne lui en voudrais même pas. Et s’il s’en souvenait… et bien je suis encore plus heureuse. Et oui, c’est comme ça que je suis. Sure je tiens pas de maman pour ça. D’ailleurs en parlant d’elle…

- Pour maman… Et bien… Je crois qu’elle a toujours eu du mal avec toi, après ton dépars. Je suis partie de la maison quand j’ai vu que rester lui faisait encore plus de mal. ; j’ai un petit rire nerveux ; là-bas on disait que je… te ressemble sur pas mal de point.

Je le regarde et le sers à nouveau dans mes bras. J’ai besoin de son contacte. Je me fiche qu’il sente l’alcool et la transpiration, je le veux simplement contre moi, m’assurer que c’est pas un rêve, qu’il est bien là contre moi, avec moi, cet homme qui m’a fait le chercher partout dans le pays, inconsciemment.

- ça fait du bien de te retrouver papa…  et toi.. Raconte-moi un peu des choses sur toi. Je peux tout entendre tu sais, avec mes recherches je sais déjà deux trois choses pas très légales.

 

 
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